EDITORIAL
Le Cahier
des aînés
d'Amay

 
TOUS LES ARTICLES
Cliquez ici !




Coordination
Anne Timmermans

Adresse de contact
nadineschelstraete@skynet.be



Un site développé avec

 

Remèdes populaires

Jadis, dans les milieux populaires, l’homme confronté à la maladie essaye d’abord de la combattre seul. S’il n’y parvient pas il fait appel aux "remèdes de bonne femme", il va aussi en pèlerinage vénérer des reliques de saints spécialisés. En dernier recours il demande l’aide du médecin.

Au début du siècle, même en 1940, les parents craignaient pour leurs enfants les "convulsions[1]". Elles étaient fréquentes chez les enfants affaiblis au cours de maladies infectieuses.

Pour les éviter, des parents faisaient porter à leurs enfants un collier fait de graines ou de racines de pivoine. Celles-ci devaient être récoltées par une nuit sans lune.

Comme le traitement de ces plantes n’apportaient, au mieux qu’une amélioration passagère, les croyants priaient les saints pour obtenir une guérison définitive.
En Wallonie, on implorait saint Ghislain. Dans le nord du pays, on demandait plus particulièrement la protection de saint Corneille.

Une coutume qui se retrouve encore dans le choix des prénoms des enfants, afin de les protéger des convulsions : " Fabienne - Blanche - Lucienne - Ghislaine"

Des "guérisseurs" pour éviter les convulsions, recommandaient des infusions de fleurs de la passion, de fleurs de thym serpolet ou de racines séchées de pétasite[2].

JPEG - 34.9 ko
Catherine Seret

Certains "guérisseurs" prescrivent des tisanes, des pommades ou liquides à diluer dans une boisson.

Au siècle dernier, Catherine Seret, de Sur-les-Bois, met au point quelques onguents et eau "améliorée".
La légende veut que les premières expériences aient lieu vers 1830, lorsqu’un médecin des armées napoléoniennes confie l’incroyable secret à la jeune Catherine.
Très vite, la réputation des produits dépasse largement le cadre du petit village hesbignon, on se déplace de loin pour s’en procurer.
Encore aujourd’hui, l’eau, les pommades de Catherine Seret ont leurs adeptes.

Pour les ophtalmies, certaines maladies cutanées on s’adresse à sainte Geneviève.
En 1936, âgé de 8 ans, atteint du mal sainte Geneviève, c’était des plaies au visage. Pour les faire disparaître, on allait chercher de l’eau à la fontaine de Sainte Geneviève à Strée-lez-Huy et l’on faisait des compresses avec cette eau. Il se formait des croûtes qui tombaient toutes seules sans laisser de traces.

A Florée (Assesse) il existe également une source dédiée à Saint Geneviève réputée pour soigner les maladies de la peau, l’impétigo par exemple.

Le saindoux est utilisé pour guérir des angines :

“J’ai guéri mon fils d’une angine très grave avec du saindoux. Je lui ai fait un "papin" de saindoux, un essuie de cuisine et une écharpe autour du cou. Je l’ai renouvelé deux fois par jour et le troisième, mon gamin était guéri.”

D’autres se souviennent que c’était non avec du saindoux mais avec du lard gras non salé que les gorges enflammées avaient été guéries.

Pendant la guerre, en hiver, pour prévenir la toux, des parents préparent du sirop de betteraves :

"La betterave était brossée, évidée et l’on mettait dedans du sucre candi. La betterave était placée près d’une source de chaleur, le sucre fondait et chaque soir avant d’aller dormir, nous pouvions en prendre une cuillère".


[1] ce sont des contractions violentes, involontaires qui donnent lieu à des mouvements saccadés. Maladies convulsives : chorée (ou danse de Saint Guy ) - épilepsie.
[2] Pétasite : genre de composées, comprenant des herbes européennes, vivaces, à grandes feuilles radicales et à panicules de fleurs blanches ou rouges, dont certaines rappellent le parfum de l’héliotrope.