Des nouvelles du chantier école de la Paix Dieu (5ème partie)

Le levage de la charpente

Nous vous suggérons de lire au préalable les quatre premières parties :
  1ère partie : « La Charpente de l’ancien colombier de la Paix Dieu »,
  2ème partie : « Revenons à notre charpente »,
  3ème partie : « Visite de l’atelier »,
  4ème partie : « L’hiver de la charpente ».

Nous rappelons quelques éléments clefs :
Le centre de perfectionnement aux métiers du patrimoine de la Paix-Dieu (IPW Institut du Patrimoine Wallon) a entreprit la restauration du colombier. La charpente est réalisée dans le cadre d’un chantier école. Depuis fin 2005 et pendant environ 3 ans des stagiaires se sont réunis 5 jours par mois sous la direction de l’architecte charpentier Pascal Lemlyn. Après une période d’arrêt (l’hiver de la charpente), le chantier a repris en 2012.

Les bois ont attendu dans l’atelier depuis 2008. Ils ont séchés et maigris. Nous avons pu expérimenter que les déformations ne causaient pas de difficultés car les éléments sont restés assemblés en modules. Heureusement ! Une ou deux pièces ont cependant mal vieilli. Il a fallu en refaire une et même réaliser une greffe sur un corbeau dont le bec trop noueux était exagérément parti en vrille lors du séchage.

Je ne dispose pas de photo de l’étape dont je vais vous parler. Il a fallu dissocier l’enrayure du reste du 1er étage de la charpente. Cela était nécessaire pour pouvoir réaliser les finitions des poutres de l’enrayure, notamment les corbeaux, et également pour permette de sortir ce gros module de l’atelier en passant par la porte.
Avant la dissociation nous avons réalisé une pseudo-enrayure en poutres de sapin moisés. Cette pseudo-enrayure a la même topologie globale que l’enrayure principale, mais les poutres sont doublées et prennent les arêtiers en sandwich. Le serrage est réalisé avec des tiges filetées de 16 millimètres de diamètre. Après dissociation, le reste du 1er étage est maintenu en position grâce à cette pseudo-enrayure.
Les finitions ont nécessité de démonter complètement l’enrayure principale. Comme il faut toujours vivre dans l’espérance, après finition, nous avons rangé les pièces détachées dans un coin de l’atelier. Cela libère de la place pour d’autres formations (couverture, maçonnerie, taille de pierres, etc.) et montre que nous sommes confiants dans le planning. En effet, le stockage en pièces détachées rend, au bout de quelques années, le remontage problématique, voire pire.

Deux stratégies ont été envisagées pour le levage de la charpente. La première, que je préfère, consiste à louer pendant une durée assez longue (une ou deux semaines) une grue de faible capacité et à monter la charpente par morceaux sur le toit du colombier. Dans ce cas, les assemblages entre morceaux et les finitions sont réalisés sur le toit. La seconde, plus efficace, consiste à monter la charpente au sol et à louer pendant un temps très court (une journée) une énorme grue qui la lève en une seule fois.
La seconde stratégie a été choisie.

La photo ci-dessous représente la charpente montée au sol devant l’atelier. Elle mesure 10 mètres de haut et pèse 10 tonnes. Comme elle est restée deux à trois semaines dehors, la pluie l’a rincée plusieurs fois. Les traces de coulées de tanin de chêne sur la dalle de béton, de couleur ocre-rouge, sont quasiment impossibles à enlever.

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La charpente au sol

Pour inaugurer cet ouvrage, une fête a été organisée le 7 août. La photo suivante montre Pascal Lemlyn installant le bouquet de fleurs au sommet de la charpente.

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Le bouquet de fleurs

Le 9 août à l’aube une énorme grue emportait la charpente. C’était le levage de la charpente. On aurait cru un premier envol. La charpente fut installée, selon nos indications, sur la tour du colombier à un emplacement prévu. L’opération était efficace, à 10 heures du matin les grutiers commençaient déjà à plier bagages.

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Le levage de la charpente

La charpente a été provisoirement fixée à la tour par 4 sangles passant par des fenêtres à mis-hauteur. Elle sera définitivement fixée par des barres et tiges filetées scellées dans la maçonnerie. Le but est d’éviter qu’elle ne s’envole une seconde fois.

Voici la charpente en place sur le colombier. Les bâches que nous avons installées ont pour but d’éviter les coulées de tanin sur la maçonnerie. Ce but ne sera que de courte durée, car un échafaudage complet recouvrant intégralement la charpente va être mis en place.

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La charpente au sol

Cet échafaudage complet permettra de réaliser les travaux de couverture dans des conditions confortables. Le chantier école de charpente s’acheva le 9 août 2012 dans une joyeuse ambiance. Un chantier école de couverture démarre dès août et propose plusieurs stages très intéressants jusqu’à fin 2012. Les personnes intéressées seront bien accueillies et bien renseignées par l’IPW de la Paix Dieu.

Arnoult Vial

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Le bonheur des charpentiers !